Son coeur balance entre La France et Le Liban, mais elle a accepté d’être interviewée sur mon blog, un pur régal!

D’où te viens cette passion de la course à pied?

J’ai toujours fait du sport. Gamine, j’ai pratiqué le Kung Fu. Plus tard, j’ai beaucoup fréquenté les salles de sport au Liban et fait tourner en boucle les cassettes vidéo de Jane Fonda. J’ai eu quelques années de sédendarité en arrivant à Paris en 95. Puis lassée des transports en commun, je me rends à mon boulot en vélo, 50km quotidien. Un soir en 2002, je vais trottiner pour soutenir une copine qui voulait maigrir. J’ai couru d’entrée de jeu deux heures, seule puisque la copine n’a pas tenu lol ! Ce fut un vrai coup de foudre : Je vais pouvoir partager ma vie avec ce sport qui me correspond énormément « PAS DE CONTRAINTE » et grand sentiment de liberté !Je suis quelqu’un de très indépendant , j’aime me retrouver seule et me déconnecter. Je débranche mes neurones pour courir et ne pense plus à rien lol !


Quel est ton entraînement type hebdomadaire ?

La course à pied fait partie intégrante de ma vie et je suis très assidue dans mes entrainements. Pas question pour autant de suivre des plans structurés, pour moi la course est avant tout ludique et ne doit pas devenir une contrainte. On en a déjà suffisamment dans la vie pour ne pas en rajouter dans nos loisirs. Je préfère courir au feeling et en fonction de la forme du jour. J’ai tendance à privilégier le travail quantitatif au qualitatif


Où se trouve ton spot préféré pour courir ?

Je m’entraine souvent autour de l’hippodrome de Longchamp, une boucle de 3,5km et je ne m en lasse pas, je peux tourner pendant quelques heures


Quel est ton plus grand souvenir de coureur ?

Le Marathon des Sables sans hésitation ! Et tout particulièrement l’étape longue, l’étape phare de 82km.Le temps limite est de 34heures, certains coureurs dorment quelques heures la nuit. J’ai décidé de la faire d’une traite, en faisant bien évidemment des poses au CP. La partie nocturne restera à jamais gravée dans ma mémoire ! J’ai fait le choix de la courir seule hormis quelques km. C’était une sorte de rêve tout éveillé, seule la nuit dans le désert en suivant un rayon laser qui traversait le ciel et qui servait de balisage. Un moment magique, j’ai savouré le silence du désert et avancé comme un automate avec la seule volonté de ne pas tomber de sommeil. J’étais en immersion totale dans la silence de ce grand espace.


As-tu un objet essentiel ou un porte bonheur ?

J’ai toujours sur moi la photo de mon papa qui ne m’a, malheureusement, pas connu marathonienne. Il est mon ange gardien. J’ai aussi toujours autour du cou une croix qu’il m’a offerte.


Tu vas sur FB régulièrement, qu’est ce qu’il t’apporte dans ton quotidien de sportive ?

FB me permet de suivre des amis pendant des courses, de découvrir de nouvelles courses, de voir de belles photos, de garder le contact avec des amis (dans la vraie vie) qu’on a perdu de vue par manque de temps.


Un conseil pour nos lecteurs, notamment ceux qui débutent ?

Privilégiez le côté plaisir. Ceci n’empêche pas d’être assidu et persévérant. Etre passionné c’est bien mais faut toujours garder « une distance » et du recul. Une blessure, un arrêt ce n’est pas la fin du monde.N’oubliez pas que le chef c’est vous et non pas vos baskets!
Passion salvatrice oui! mais pas dévastatrice!


Un rêve ou une course mythique à laquelle tu rêves de participer ?

Le désert m’a captivé et je me suis sentie en parfaite osmose dans ce sublime espace. J’aimerai découvrir le désert jordanien à travers la Jordan running aventure race et tant d’autres courses désertiques
Quant au rêve, j’en ai fait un très vite dès que j’ai commencé à courir en 2002 : Retourner à mon pays natal, le Liban, en courant. Ce rêve est devenu un projet et est en phase de devenir une réalité.

Présentes nous SVP ton grand défi Paris Beyrouth?

En 2013, je prendrai le départ du marathon de Paris et je continuerai jusqu’à Beyrouth en courant. Une course transcontinentale entre mon pays adaptif et mon pays natal. 5000km à travers neuf pays, un total journalier de 52km, un jour de repos par semaine. Aucun record à battre, mais un message de paix. Une longue traversée que je dédie à mon père lui qui m’a toujours dit : Il faut avoir le courage de ses ambitions. Le courage je l’ai et cette passion m’anime et me donne des ailes
Vous trouverez les grandes lignes de ce défi sur http://www.parisbeyrouth-en-courant.com