Il est devenu un des personnages incontournable du web, ce qui ne l’empêche pas d’être toujours extrêmement performant!
Tout d’abord tu veux bien te présenter?
Je m’appelle Patrick VAN DEN BOSSCHE, j’ai 64 ans et je suis un retraité « actif ». Passionné de course, j’ai créé en mars 2010 un blog de running baptisé « Running Café ». Par ailleurs, je suis journaliste freelance pour Jogging International et consultant pour certaines courses comme le semi-marathon des Lions à Rueil, PSG la course, …
Pourquoi et depuis quand cours-tu ?
Belle question pourquoi court-on ? En fait, et en ce qui me concerne, j’ai trouvé, il y a plus de 30 ans maintenant, que c’était le sport le plus facile à caser dans mon emploi du temps. Ayant vaincu le tabagisme et l’excès de bonne chair vers la trentaine je me suis mis au vélo, au tennis et un peu à la course. Après un accident grave en vélo j’ai lâché la petite reine et par la suite abandonné le tennis pour ne faire que course à pied. Un petit sac dans le coffre, un petit coin pour se changer et le tour est joué. Mais ce n’est qu’à 44 ans, alors que j’avais augmenté mon entraînement pour contrebalancer le stress professionnel, que mes performances ont explosées. Je me suis inscrit dans un vrai Club à Croissy-sur-Seine après être devenu par hasard champion départemental de cross. Mes records sur les distances officielles ont suivi cette progression : 2h34’08 (à 48 ans au marathon de La Rochelle), 1h11’05” (45 ans au Semi de Rambouillet). J’ai également glané quelques titres : Champion départemental de Cross des Hauts de Seine à 44 ans – Champion de France vétéran par équipe marathon à Cherbourg (2h35) et Vice-Champion de France par équipe Cross (La Courneuve) avec l’équipe de Croissy/seine …
D’où t’es venue l’idée du Running Café ?
Le hasard d’une rencontre … J’étais retraité depuis 2 ans de mon dernier job qui était celui de responsable de la communication en ligne de ma société Dassault Aviation. Après avoir monté plusieurs projets web j’étais devenu un mordu des nouvelles technologies. Par ailleurs, et malgré une chute grave en montagne qui m’a couté un tibia rafistolé, je continuais à courir mais plutôt les trails avec des copains. La rencontre s’est faite avec Antoine Furno, patron de l’enseigne Endurance Shop. Nous avions des relations de client fournisseur depuis 10 ans car j’équipais toutes les équipes que je montais dans son magasin. Antoine a proposé de m’aider à monter un blog. Ce contact a été le déclic, car avec ce partenaire, des opportunités sont venues très vite. Des coureurs de renom comme Chau-Chau, Sylvain Bazin, Emmanuel Gault, … sont venus collaborer. Mes entrées chez les équipementiers ont été également facilitées grâce à mon partenaire. Malgré cette proximité qui fait penser à une appartenance je suis totalement indépendant. Je parle de ce que je veux et aussi bien de produits qui ne sont pas en vente dans les magasins de la marque. J’ai donc réussi à conjuguer mon attirance pour la communication, les technos du web et ma passion de la course.
Tu es un coureur d’expérience alors comment t’entraînes-tu et comment choisis-tu tes objectifs ?
Si tu associes âge et expérience, on peut croire que j’ai fait le plein de connaissances au bout de plus de 30 ans de course. Mais je me rends compte en avançant dans l’âge que je suis un peu comme dans la chanson fredonnée par Gabin « Plus je sais … moins je sais … » … J’ai toujours été un coureur d’instinct. Je n’ai jamais été un assidu des séances de piste que s’infligeaient mes compagnons de club préférant les entraînements solitaires ou en groupe mais du genre « fartleck » … Aujourd’hui je reste sur cette philosophie … Je fais un plan pour le marathon de Paris et autour de ça je brode. Le jour où je n’ai pas envi je ne fais pas. Le jour où j’ai le plaisir de courir avec un copain ou pour échanger avec un groupe de potes je range mon plan et je suis mes envies. De toutes les façons ce n’est pas à 64 ans que je vais faire tomber mes records. Mon objectif est de pouvoir faire le marathon de Paris à 80 ans … Alors il faut que je m’économise …
Tu cumules pas mal d’activités liées au Running (site, tests, vidéos…) comment arrives tu à cumuler tout çà ?
Par la passion et grâce à une épouse très conciliante et qui
m’encourage. J’ai la chance d’être en bonne santé et de me lever tôt … Ça aide … 6h30 : lectures des mails et quelques articles à rédiger … 9h départ entraînement, douche, diverses occupations à la maison … 13h déjeuner puis à nouveau un peu de web … Famille … j’ai la chance d’avoir un petit-fils dont on s’occupe un peu … 20 h je me pose et sur ma tablette iPad je fais un peu de facebook … Les journées passent très vite …
Fais-tu partie d’un club et si oui qu’est-ce que çà t’apporte ?
Oui je suis resté au Club Dassault Sports avec mes anciens collègues de boulot. Il y a une bonne ambiance et ça m’apporte une licence qui m’ouvre la porte des championnats de France Corpo que je fais avec eux. Chaque semaine on se retrouve sur la piste avec un entraîneur mais je dois dire que je ne suis pas très assidu … Je n’aime pas trop la piste …
Où se trouve ton parcours préféré pour courir ?
Le Bois de Saint-Cucufa à côté de chez moi … çà fait 30 ans au moins que j’y cours et c’est là que j’ai rencontré mes vieux potes. On a même monté une association et on faisait la pige à plein de Clubs FFA en raflant toutes les courses du coin. Belle époque et lieu toujours très sympa où je croise Fred Brossard et Julien Djozikian … célèbres blogueurs également mais bien plus jeunes que moi.
Quel est ton plus grand souvenir de coureur ?
Notre victoire avec mon équipe de Croissy aux championnats de France de Marathon Vétérans à Cherbourg … Notre coach m’avait mis la pression dans les derniers kilos pour rattraper un groupe qu’il avait jugé menaçant … Je me suis dépouillé pour les gratter mais finalement calcul refait on était quand même vainqueurs sans ces petits points grappillés. Du coup je fais un beau 2h35 alors que je n’étais pas au mieux ce jour-là … Et puis je me souviens du plateau d’huîtres que je me suis enfilé après …
Ta 1ère course c’était où et à quelle occasion ?
Ça remonte à la pré-histoire … C’était le Cross du Figaro je devais avoir 12 ou 13 ans …
As-tu un modèle de sportif et pourquoi lui ou elle?
J’en ai beaucoup et personne ne se détache vraiment. Dans mes préférences je privilégie le côté passion. Du coup ce n’est pas forcément les athlètes de haut niveau qui viennent en premier dans mes admirations sportives.
As-tu un objet essentiel ou un porte bonheur ?
Non … je ne suis pas fétichiste … Je garde d’ailleurs très peu de souvenirs et je regarde toujours devant … Mon seul porte-bonheur est ma santé que je « caresse » tous les jours comme un « gri gri » …
Un conseil pour ceux qui débutent ?
Progressivité … C’est le mot clé … La course à pied c’est difficile, surtout si on a laissé le sport de côté pendant plusieurs années. Il faut être prudent et surtout être persévérant …
Quel est ton rêve ou la course mythique à laquelle tu rêves de participer et pourquoi ?
C’est le Marathon des Sables … En fait c’était un projet que j’avais en commun avec un bon ami coureur : Émile qui malheureusement est décédé trop tôt à 60 ans. On s’était dit qu’on le ferait ensemble quand on serait à la retraite tous les deux … J’aimerais bien le faire en souvenir de notre amitié. Pour l’instant pour des questions de budget et d’emploi du temps ce projet reste au chaud dans un coin de ma tête.
Quelle est ta performance dont tu es le plus fier?
Je n’ai pas de fierté particulière à propos de mes performances. La seule aujourd’hui qui peut m’inspirer fierté est de durer et d’avoir toujours envi de partir courir le matin malgré parfois une météo impossible. C’est quelquefois une performance de mettre le nez dehors surtout avec la météo actuelle ….
La course à pied a beaucoup évolué depuis tes débuts, d’après toi qu’est ce qui a été positif et qu’est ce qui l’a été moins ?
Le positif est le nombre de runners … On estime à 10 millions le nombre de pratiquants : c’est énorme … Revers de cette popularité le côté business de ce sport. Je pense que des gens comme moi vont progressivement éviter les UTMB et autres grandes courses au profit de « off » entre amis sans dossards et sans chrono …
Quelles seraient tes idées pour faire évoluer la pratique de la course à pied en France ?
Je pense qu’il faut développer cette pratique dans les entreprises pour donner aux gens le goût de l’effort et les protéger des maux engendrés par une vie sédentaire. Pareil pour les jeunes mais les structures « officielles » ne sont pas toujours adaptées … Le tour de piste n’est pas très attrayant et il faut ouvrir les portes des stades sans obliger les « néo-coureurs » à se licencier …
Ton prochain objectif c’est quoi et où ?
Mes prochains objectifs sont le France de cross en V3 … puis le marathon de Paris avec le team Press ASICS … Après je ferais un peu de trail et j’irai dans le Queyras faire un « off » 4 jours avec des amis pour tester du matériel de trail …
La question qui tue :
Tu testes pas mal de matos, tu le dis quand il ne te plaît pas du tout ? Un exemple ?
Je me méfie des prises d’opinion trop radicales … Même si parfois on crée le « buz » en balançant des critiques aux équipementiers qui souvent le méritent. Mon expérience m’a appris que ce qui est mauvais pour moi ne l’est peut-être pas pour un autre … Il faut juger sur des critères objectifs. Par exemple récemment concernant la 33 d’ASICS j’ai surtout critiqué le positionnement marketing … J’ai la chance également de choisir les produits que je teste … J’ai fait de bons articles sur la Pure Connect de Brooks, sur la Adidas Adios 2, … en trail j’ai adoré la NB MT10, la Hoka, … Il y a certains produits que je sais ne pas pouvoir porter … La Moon Racer de Lafuma à mes pieds a été un désastre, ce qui ne veut pas dire que cette chaussure est mauvaise . Certaines Salomon ne sont pas pour moi … Par contre je sais que la future S-Lab Sense me procurera un super plaisir … et je pourrais en l’essayant mesurer les efforts de cette marque « montagnarde » pour glisser progressivement sur le running. J’aime les produits légers ayant une bonne flexibilité … C’est important de tester un produit dans son contexte d’utilisation et en se mettant dans la peau de la cible utilisatrice. Je mesure 1m78 et je pèse 65 kg. Je cours plutôt sur l’avant pied … Je ne peux pas ignorer que des coureurs pèsent 85 kg et attaquent régulièrement le sol par le talon … J’ai vu tester des Hoka Maffate au Bois de Boulogne ça n’a aucune valeur … C’est comme si on testait des patins à glace sur du parquet …






Mazettte! Un record sur marathon à 48ans j’ai encore de quoi voir venir alors :). Comme toi je garde un bon souvenir du cross du figaro, je suis d’accord sur les pistes d’athlétisme elles devraient toujours être ouverte, surtout que c’est des équipements public on ne devrait pas s’en faire chasser vu qu’on les paye avec nos impôts… Je me souviens de la piste de saint Denis où l’on m’a demandé de m’inscrire pour continuer à courir …
Je me souviens de la piste d’issy les moulineaux ou du parc suzanne lenglen ou plus d’une fois j’ai cru avoir été enfermé dans le stade parce que le gardien voulait partir plus tôt que l’heure affichée. :/
Par contre, là où je ne suis pas d’accord avec Patrick c’est quand il dit que les gens vont progressivement quitté les grosses courses pour faire des offs. Si c’était le cas, il n’y aurait pas autant de demandes pour les courses « stars » du calendrier (MDP, UTMB and co, diag des fous… )
On fait effectivement de drôles de rencontres à St Cucufa : des petits vieux difficiles à suivre, des petits jeunes matinaux, des pitbulls en liberté … C’est moi aussi mon spot préféré 🙂
En ce qui concerne les offs, je n’y crois pas non plus. Les courses de masse qu’elles soient sur route ou offroad ont un succès sans cesse croissant, il n’y a qu’à voir la rapidité avec laquelle s’arrachent les dossards.
encore un bel interview d’un gard bien sympa !
et en plus on parle de moi 😉
je serai toujours impressionné par tant de longévité et de vitesse !