Le charme, le courage et la performance voici Anne!
Tout d’abord, petite présentation?
Anne Bussière, 36 ans, mariée et maman d’une petite fille j’habite en Charente Maritime dans le village familial situé en bord de rivière, entouré de peupliers et de vallons. Après un DESS en droit des affaires internationales et européennes, j’ai intégré le monde des assurances et je suis désormais chargée d’études juridiques dans un service de gestion des sinistres internationaux.
Toujours orientée vers la nature, j’ai été cavalière dès mon plus jeune age mais aussi VTTiste à l’époque où il n’y avait pas beaucoup de filles.
Depuis 2010, j’ai revêtu la trifonction de triathlète et me suis licenciée au club de La Rochelle Triathlon. Je participe aussi à la section cyclisme de l’UES Macif-Mutavie.
Je ne suis pas rapide mais je suis très endurante et j’ai beaucoup de volonté.
Ce qui me caractérise : mon coté maladroite qui m’a valu le surnom de Twister (la tornade).
Ce qui me rapproche de toi, Philippe : c’est la Pink Attitude !!!
Comment en es tu venue au Triathlon?
Le coupable, c’est mon mari !!! La passion du triathlon est très contagieuse et le fait d’avoir vu ce dernier s’éclater sur des petites distances puis enfin sur des IronMan m’a totalement motivée. Il faut dire que le passage de la ligne de l’IronMan de Nice a été quelque chose de fabuleux et tellement émouvant, un révélateur : je me suis dit que moi aussi, j’avais envie de vivre des choses comme cela de savoir ce que ça faisait. La vie étant bien trop courte pour se priver de réaliser ses rêves, c’est tout naturellement que je me suis lancée sur de petites distances la 1ère année et sur un half IronMan au bout d’1 an et ½ !!
Qu’est ce qui t’as motivée à choisir ce sport plutôt qu’un autre?
Le triathlon est un sport ludique : si on n’a pas envie de nager, on peut courir, ou rouler et inversement !! Cette diversité dans les entraînements a vraiment été un facteur motivant. Par ailleurs, l’ambiance conviviale sur les compétitions est un autre attrait : il s’agit d’un sport individuel mais collectif à la fois. Au sein de mon club, nous ne manquons pas de nous encourager, de nous conseiller mais aussi de nous chambrer.
La dimension humaine est très importante dans mes choix de vie, et le triathlon m’a vraiment permis de faire de belles rencontres.
Comment choisis tu tes courses?
J’aime les « jolies » courses, c’est-à-dire dans un paysage agréable avec du « dénivelé-roulant ». A ce titre mes courses préférées, sont le triathlon de Sireuil en Charente, mais aussi le triathlon de la Cote de Beauté à Royan. C’est la même chose pour les courses à pied ou les cyclosportives.
Je tiens à préciser que les courses « labellisées », souvent très chères, ne sont pas forcément les meilleures et ne valent pas une course locale, conviviale, organisée par des passionnés.
Suis-tu des plans d’entraînement spécifiques?
Oui, je suis des plans d’entraînements. D’une part, parce que c’est nécessaire d’un point de vue organisationnel : être deux à faire du triathlon dans un couple, avec un enfant, il faut prévoir « qui fait quoi » et « quand ». Et puis d’autre part, c’est mon coté juriste : j’aime avoir un cadre et comprendre les différentes phases de la préparation.
Cette année, c’est mon mari qui élabore mes plans. Ce fut un sacré pas à franchir parce que se faire coacher par son conjoint, ce n’est pas toujours évident. Mais, je dois avouer qu’il s’en tire plutôt bien pour le moment ! Je tiens aussi à préciser que j’ai aussi des triathlètes « dealers » de plans, ce qui permet de piquer des séances pour varier le corps de l’entraînement travailler un peu différemment.
Ma planification est annuelle et elle permet de déterminer les différentes phases du plan.
Comment concilies tu ta vie familiale avec le Triathlon?
C’est une sacrée organisation !!
Je ne veux pas que notre fille « subisse » nos entraînements donc nous nous alternons, mon mari et moi, pour l’emmener et aller la chercher à l’école. C’est ainsi que je nage avant le travail, à 7h00 du matin, je cours sur ma pause déjeuner au stade et lors du passage aux horaires d’été (que j’attends avec impatience) je deviens « vélotaffeuse » 2 fois dans la semaine : je vais au travail à vélo (38 km x 2). Le week end est consacré aux enchaînements et sorties longues (vélo-CAP).
A partir des beaux jours l’entraînement devient bi-quotidien, et c’est notamment avec un réel plaisir que je nage en bassin découvert de 50 m.
Où se trouve ton parcours préféré pour courir ?
J’adore courir dans les chemins près de chez moi, le long de la Boutonne. C’est un havre de paix, et la variété des terrains y est très intéressante. Mais ayant grandi sur l’Ile d’Oléron, j’ai une affection toute particulière pour les sorties en bord de mer !
Tu préfères courir en club ou seule dans ton coin?
Je préfère courir seule ou avec mon chien, car c’est très compliqué pour moi de courir en club. L’avantage de la course à pied, c’est la liberté : on peut y aller quand on le souhaite. Sur ce point je tiens à préciser, comme je l’ai lu sur un blog, « courir seule pour une femme est devenu un acte militant » et parfois, auprès de certaines personnes, j’ai l’impression de passer pour une kamikaze. Mais la vie est ainsi faite, courir seule est une preuve de liberté et rien ne me donnera envie de m’en affranchir.
Quel est ton plus grand souvenir de coureuse ?
Mon plus grand souvenir de coureuse fut mon 1er semi sur mon 1er half.
Une expérience inoubliable vécue sur le Triathlong de la Cote de beauté (http://www.itc-charentes.com/Triath-Long-Cote-de-Beaute-2011-a-Royan_v85.html) : le parcours est magnifique, il se déroule principalement en bord de mer avec des passages dans les criques, et donc dans le sable. Les supporters sont présents, même tardivement, et les bénévoles TOP. J’ai passée la ligne d’arrivée dernière à ex-aequo main dans la main avec deux garçons du club de Cestas et franchement même dans mes rêves je n’aurais jamais imaginé vivre une telle émotion et un tel show : pompoms girls, feux d’artifices et tous mes amis émus par mon « exploit » (qui consistait tout simplement à finir un half !). J’ai vécu un moment inoubliable et je dois l’avouer j’ai été sur un petit nuage pendant 1 bon mois !!
Ta 1ère course c’était où et à quelle occasion?
Ma 1ère course, de ma vie d’adulte, fut une course de filles : La Sarabande des Filles de La Rochelle. Une super course, conviviale, que je conseille à toutes les filles qui hésitent à se lancer. Le parcours épouse le centre de La Rochelle et bien sur le Vieux Port.
Personnellement, je n’ai rien contre les courses de filles, et je pense que ça peut être un moment convivial à partager entre copines, en famille et un bon tremplin. Une fois le pas sauté, il faut savoir s’affranchir de ce type de course car courir avec les garçons n’a rien de désagréable !
Mon 1er triathlon solo fut le triathlon découverte des Sables d’Olonnes : du vent, de la pluie, du stress, des erreurs de débutante : je suis partie devant en natation (imaginez les coups), j’ai oublié ma puce à la transition natation/vélo, ce qui m’a valu un demi tour et une perte de temps … mais c’était trop tard, le virus était inoculé !!
As tu un modèle de sportif et pourquoi lui ou elle?
Mon modèle sportif n°1, c’est mon mari. Il est toujours zen, il est compétiteur mais avec un très bon esprit et il est à l’écoute de son corps. Trois qualités que j’apprends à développer notamment la «zen attitude ».
Après je suis fan de plein de sportives et de sportifs, valides ou non, qu’ils soient pro ou amateurs à partir du moment où ces femmes et ces hommes se dépassent et vivent leur passion à fond.
Et puis il y a aussi, Cécile Bertin et les filles de courir au féminin. En lisant les aventures de « Cécile autour du monde », en parcourant son site « Courir Au Féminin », et en découvrant les CAFeuses, j’ai pris conscience que l’on pouvait vivre ses rêves, avoir un coté « pétroleuse » et assumer sa féminité dans le sport.
As-tu un objet essentiel ou un porte bonheur ?
En fait, j’ai plein de petits grigris qui m’accompagnent sur mes courses et qui sont des cadeaux offerts par mes amis ou ma famille : une visière, des lunettes, un bracelet, un bidon … ce n’est pas tant le coté grigri, mais le fait de me dire que les gens que j’aime ou que j’apprécie sont avec moi.
Un conseil pour ceux qui débutent ?
Ouh la, je n’ai pas assez de recul pour donner des conseils. Tout ce que je peux dire c’est qu’il ne faut pas avoir peur et se jeter dans le grand bain !!! Le maître mot doit rester le plaisir : « Triathlon just for fun » et le passage d’une ligne d’arrivée est un réel bonheur (il y a tellement de gens qui ne font rien).
Quel est ton rêve ou la course mythique à laquelle tu rêves de participer et pourquoi ?
Mon rêve, ce serait un IronMan, et même si ça me semble impossible, celui de Nice trotte dans un coin de ma tête : l’ambiance est géniale, la localisation top …
En attendant, j’aimerais bien faire un IronMan en relais (partie vélo pour moi), histoire déjà de vivre l’ambiance et les 180 km de vélo. Alors si certaines sont intéressées par la natation et la CAP, on peut se faire ça en 2013 !!
Quelle est ta performance dont tu es la plus fière ?
Le half de Royan. Tout simplement parce qu’en dépit des aléas de la course j’ai tout donné, jusqu’au bout, j’ai cru en moi et en ce corps que j’ai si souvent détesté (je ne suis pas filiforme). Et puis, j’ai été portée par les encouragements et rien que pour cela, c’est tellement grisant, que l’on ne peut avoir l’envie que de recommencer et de faire mieux !
Quel regard portes tu sur les courses d’aujourd’hui ?
Dans l’ensemble, je trouve que l’évolution des courses est plutôt positive : on prend en compte l’aspect écologique, il y a tous types de niveaux, et les parcours sont intéressants (je pense notamment aux trails). Je trouve que le comportement des hommes a lui aussi évolué, bien moins machiste. A titre personnel, je garde en mémoire une cyclosportive de 107 km, très venteuse, très vallonnée où je me suis abritée derrière un GRAND gaillard pendant 50 km en prenant peu de relais et qui m’a laissé passer la ligne d’arrivée devant lui. Ça si ce n’est pas de la galanterie !!
Par contre, je suis parfois déçue, notamment sur les courses à pied, quand je vois les organisateurs ranger tout avant que les derniers ne soient passés, où alors, lorsque ces mêmes derniers n’ont plus rien pour se restaurer à l’arrivée. Je trouve le principe assez irrespectueux.
Le deuxième truc qui me choc c’est la grille des prix pour les hommes et pour les femmes : elle devrait être la même quelque soit le sexe. La course a été la même pour les femmes et car elles ont tout donné … comme les hommes.
As-tu déjà fait partie d’une organisation de course ?
De façon générale, je trouve qu’il est important d’être bénévole, car sans organisation, sans bonnes volontés, il ne pourrait y avoir de manifestations sportives.
C’est ainsi que depuis que je suis licenciée, je participe à l’organisation du triathlon de La Rochelle (http://www.larochelle-triathlon.fr/) et franchement c’est une super aventure.
J’ai par ailleurs été « vélo balai » sur le 10 km de La Rochelle qui s’est tenu en parallèle du Marathon. Ce fut un chouette moment puisque j’ai accompagné la dernière coureuse qui faisait sa 1ère course. Je l’ai boostée, et même si elle était hyper motivée, j’ai invité les spectateurs à l’encourager sur le parcours dans les moments difficiles. A l’arrivée, j’ai eu droit à une bise de sa part. Encore un beau moment humain vécu grâce au sport.
Ton prochain objectif c’est quoi et où ?
J’ai un bel objectif à Saintes (je n’en dis pas plus, c’est une surprise) mais on va se régaler.
Puis le 1er gros morceau de la saison sera le half Barcelone en mai (http://www.youtube.com/watch?v=xQz-RZq7D2Q) avec mes copains finishers de Cestas (cf Half de Royan) et, en septembre, rebelote pour Royan que j’ai envie de faire très « proprement » maintenant que je sais que je peux le finir.
Si tu ne courais pas, tu ferais quoi ?
Je ferais du vélo mais je crois que courir me manquerait. Même si au début la course à pied n’a pas été ma « meilleure amie » (les sensations sont plus longues à venir qu’en vélo) maintenant je peux dire que j’aime courir.
La question qui tue : Vélo, Triathlon, Natation, CAP, tu préfères quoi ?
TRIATHLON, of course !!!







Très belle image que tu donnes là de toi et de ton sport
BRAVO Anne, continue tu as tout compris !!!
Faut dire que l’interviewer est top ;o)