Tout d’abord, petite présentation?
Je suis née le 8 décembre, il y a presque 38 ans en banlieue parisienne.
Très rapidement (pour mes 4 ans), lassés de la vie parisienne, mes parents sont venus s’installer en Bretagne.
J’ai donc grandi en bord de mer (St Cast) entourée de 2 chiens et plusieurs chats et suis la dernière d’une famille recomposée.
Comment en es tu venue à la course à pied?
J’ai toujours fait pas mal d’activités physiques de l’âge de 8 à 22 ans – danse classique et modern’jazz principalement à raison de 7 heures par semaine.
Puis j’ai du stopper pendant 10 ans, le temps de rentrer dans ma vie d’adulte (1er mariage) et de faire mes 2 enfants.
A 32 ans en 2005, ma mère est morte d’un cancer du sein et ça a été un des premiers facteurs déclenchants.
J’ai pris en pleine face, une dure réalité : la vie est très courte, trop courte pour qu’on s’embête avec les protocoles et qu’on ne vive pas ses rêves.
Tu rajoutes par là-dessus : 1 divorce, 1 négociation de licenciement et la vente de notre maison pour un changement fondamental de ma vie en moins de 6 mois et tu comprends pourquoi la course à pied s’est vite imposée comme anti-dépresseur.
Qu’est ce qui t’as motivée à choisir ce sport plutôt qu’un autre?
Dans un premier temps, mon compagnon actuel…Il fait du triathlon et nous étions loin l’un de l’autre géographiquement,
je me suis dis qu’un moyen d’être un peu plus proches serait de partager une activité commune.
Dans un second temps : la facilité logistique. 1 paire de baskets et hop tu pars quand tu veux, où tu veux, selon le temps que tu as.
C’est la liberté totale.
Comment choisis tu tes courses?
Je choisis un objectif principal dans la saison et ensuite j’intercale des courses en fonction de cet objectif.
En 2012 ce sera le Half-Ironman de Royan et je vais donc faire des courses comme le semi de la Brière, des triathlons DO et quelques truc en OFF du genre enchaînement 100 kms vélo + 10 kms cap.
Il faut que ça reste ludique car le plaisir est mon seul moteur.
Suis tu des plans d’entraînement spécifiques?
Pour mes 2 marathons en 2010, j’ai suivi la méthode de Bruno Heubi. Mais je suis arrivée à saturation et m’entraîne maintenant principalement au feeling et à l’envie.
Cependant, pour 2012, je pense prendre un préparateur physique pour structurer un peu mieux tout ça et surtout m’aider à ne pas me blesser.
L’objectif majeur est d’arriver en pleine forme pour mon premier IM en 2013 (année de mes 40 ans).
Comment concilies tu ta vie familiale avec la CAP?
Très compliqué, surtout que nous sommes deux à pratiquer assidûment le triathlon.
Je m’entraîne principalement le midi en natation et le matin je fais de la PPG (abdos et étirements, automassages : 1 jour /2 pendant 20 min)
Le soir en hiver c’est home-trainer une fois par semaine et 1 CAP.
L’été c’est CAP ou enchaînement vélo-cap.
Le week-end c’est là que je charge le plus avec piscine le samedi matin + CAP SL le samedi après-midi et le dimanche matin c’est SL avec le club en vélo.
Je tourne aux alentours de 8 heures par semaine (ça risque d’augmenter en pleine saison et surtout pendant les congés, en pleine prépa du half).
Pour y parvenir, nous accordons nos plannings avec mon époux et chacun garde les enfants à tour de rôle.
Nos entraînements sont gérés comme nos rendez-vous professionnels, ils font partis intégrantes de notre vie et ne viennent pas en surplus pour boucher des temps morts (de toute façon des temps morts, il n’y en a pas :-).)
Où se trouve ton parcours préféré pour courir ?
Je n’en ai pas parce que j’aime courir partout et surtout mon plaisir est de courir en vacances quand je suis loin de chez moi et que j’ai plus de temps.
Je visite en courant avec mon mari et c’est toujours merveilleux, ça me laisse des souvenirs incroyables.
J’adore beaucoup le bitume (je suis une vraie routarde) mais suis de plus en plus attirée par le trail (objectif en vue pour 2014 – un gros trail de la mort qui tue).
Tu préfères courir en club ou seule dans ton coin?
Je préfère courir dans mon coin car je trouve que c’est une activité solitaire et ça m’aide à me ressourcer, à réfléchir c’est un genre de méditation.
La seule personne que j’accepte volontiers avec moi c’est mon époux car j’adore partager ces moments avec lui.
Nous pouvons courir des heures sans un mot, unis par le plaisir d’être ensemble tout simplement.
Et puis parfois à l’inverse, nous n’arrêtons pas de parler sans nous apercevoir du temps qui passe en courant.
Courir est un diapason qui nous ré-accorde l’un à l’autre.
Quel est ton plus grand souvenir de coureuse ?
Mon 1er marathon. C’est indescriptible ce que j’ai vécu et ressenti. ça m’a shootée pendant 1 mois. J’ai vécu sur un nuage rose tout ce temps là.
Il n’y a qu’un mot : PLANANT
Ta 1ère course c’était où et à quelle occasion?
le 10 kms du Val-André dans le 22. C’était ma première compétition et aussi le début de ma nouvelle vie avec Tugdual qui l’a courue à mes côtés.
On a fini antépénultiemes mais ça reste un très bon souvenir .
Tu alternes Triathlon, Trail, Route, tu préfères quoi?
Je suis triathlète depuis 1 an, suite à une blessure sur CAP (le fameux TFL).
depuis que j’ai goûté aux entraînements croisés, je suis devenue addicte et ne pense pas que je pourrais retourner un jour sur la CAP pure.
l’entraînement que je préfère est le RUN & BIKE et les enchaînements vélo-CAP.
C’est vraiment une discipline ultra-ludique.
As tu un modèle de sportif et pourquoi lui ou elle?
Mon modèle ce sont toutes ces femmes qui arrivent à concilier course à pied, triathlon, etc et vie de famille + vie professionnels.
Ce sont de vraies championnes, presque des super-héros, et ce sont elles qui me motivent le plus.
Je me dis que si, elles y arrivent, je n’ai pas le droit de me laisser décourager par les exigences du quotidien.
As-tu un objet essentiel ou un porte bonheur ?
Mon mari 🙂
Quand il n’est pas là sur une course, c’est tout de suite moins amusant et je suis beaucoup plus stressée.
Avant chaque compète il me demande : « tu es prêtes ? »
je réponds inexorablement « non » et il rétorque » mais SI t’es prêtes ! »
C’est un genre de mantra avant chaque grosse compète.
Un conseil pour ceux qui débutent ?
Persister au début même si vous avez l’impression de n’avancer à rien et surtout vivez vos rêves sans aucune autre limitation que vos propres envies.
Quel est ton rêve ou la course mythique à laquelle tu rêves de participer et pourquoi ?
Ce fût longtemps le marathon et dès que j’ai enfin réussi à en boucler un, j’ai re-signé la même année pour un second, histoire de confirmer.
Maintenant mon objectif primordial, mon rêve c’est de terminer un Ironman.
ça fait déjà 1 an que je m’entraîne dans ce but, que j’y vais progressivement pour habituer mon organisme au triple effort et il me reste encore 2 ans avant de m’aligner sur cette distance.
Mon leitmotiv : 2013 –> un Ironman en 13 heures
Depuis que j’ai ce projet en tête, je vis, je rêve, je mange, je réfléchis Ironman c’est devenu obsessionnel.
Quelle est ta performance dont tu es la plus fière?
Toutes
Je suis à chaque fois fière d’être aller au bout d’une course, au bout de moi-même, d’avoir repousser les limites, de m’améliorer etc.
Quel regard portes tu sur les courses d’aujourd’hui?
J’aimerais qu’on ne s’achemine pas trop vers un scindement entre courses pour hommes et courses pour femmes.
J’avoue que de voir fleurir un peu partout des courses destinées aux sportives uniquement, ne me plaît guère.
ça me paraît vraiment hyper sexiste. La femme n’est pas l’égale de l’homme, mais nous sommes complémentaires. Courir entre concurrents du même sexe, je trouve ça vraiment trop bancal et pas du tout intéressant.
J’adore le fait que nous pratiquions un des seuls sports où toutes les catégories d’âges, de sexes, de performances se retrouvent en une seule et même course.
D’ailleurs, il suffit de venir voir le départ d’un marathon ou d’un ultra-trail pour s’apercevoir que les gens sont heureux de se retrouver et de partager cette aventure ensemble. C’est à chaque fois une vraie fête.
C’est aussi pour ça que je préfère les formats longs plutôt que les courts.
Que faudrait-il faire pour revenir aux courses plus conviviales et moins commerciales?
Bizarrement je n’ai pas l’impression que nos courses manquent de convivialité.
J’y fais toujours des rencontres étonnantes, attendrissantes et de belles amitiés s’y sont créées.
Personnellement je ne changerais rien mais il faut dire que je ne cours que depuis 2006 et ne connais pas les années d’or de la course à pied.
Ton prochain objectif c’est quoi et où?
Prochain objectif primordial : HALF IRONMAN DE ROYAN en septembre 2012
ça sera mon ticket d’entrée pour la dernière ligne droite de prépa vers l’IRONMAN.
La question qui tue :
Si tu ne courais pas, tu ferais quoi?
de la cuisine. C’est ce que je faisais avant. Pour trouver le temps de m’entraîner, il a bien fallu rogner sur quelque-chose et ça a été la cuisine. J’aime cuisiner mais hélas je n’ai plus le temps, et l’envie de courir est bien plus forte (au grand désespoir de mon mari).



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