Un humour et une volonté hors normes, c’est Nelly!
Appréciez aussi la qualité de sa plume.
Comment en es tu venue à la course à pied?
Comme ça, parce qu’il fallait faire quelque chose !
Un truc pour perdre ces satanés cinq kilos qu’on a toujours en trop, pour en venir à bout des crises d’asthme, parce qu’à un moment on ressent le besoin de faire quelque chose de son corps, parce que les autres le font et qu’ils se sentent bien, alors pourquoi pas moi ?
Mais rien de vraiment précis, en tout cas pas une envie réelle comme le truc dont on a toujours rêvé de faire.
N’ayant aucune volonté et n’ayant jamais fait de sport, inutile de préciser que les premières sorties furent particulièrement laborieuses !
Quant au choix de la course à pied, même à l’heure actuelle, je ne comprends toujours pas, mais je sais que c’est ce qui me convient.
Courir est un réflexe naturel, c’est peut-être ça le truc.
Quel est ton entraînement type hebdomadaire ?
Je n’ai pas d’entraînement type, je cours à l’émotion.
Pas de cardio, pas de plan, et depuis quelques temps, plus de chrono.
J’essaye de sortir deux fois par semaine et trois fois lorsqu’il y a un marathon en vue.
L’entraînement est basé essentiellement sur l’endurance, la respiration, les appuis au sol.
Toujours être à l’écoute de son corps, sentir les muscles travailler, caler son rythme cardiaque, ne pas se blesser et se faire plaisir.
Comment concilies tu ton boulot avec l’entraînement?
Aucun souci là dessus, je ne suis pas une working girl, donc je prends le temps dont j’ai besoin, là où il se trouve.
Et si je ne peux pas courir le mardi comme c’était prévu, il reste les autres jours de la semaine, et le week-end de bonne heure (je suis une lève tôt)
Où se trouve ton parcours préféré pour courir ?
Je cours essentiellement dans le massif de Saint Roman à Beaucaire.
C’est un parcours assez vallonné et très agréable (surtout le matin quant le soleil se lève sur le massif).
Garrigue, sous bois, chemins plats et montées en tout genre, il y en a pour tous les goûts, et surtout, je peux partir de chez moi baskets aux pieds, et voiture au garage.
Tu préfères courir en club ou seule dans ton coin?
Je quitte mon club cette année.
Je me retrouverai donc comme à mes débuts, en coureuse sans attache. Ce qui ne veut pas dire que je cours toute seule tout le temps.
Qu’on fasse partie d’un club ou non, n’oublions pas que la course à pied est un sport individuel par excellence et que l’effort est solitaire, même au milieu de 30000 coureurs.
Après, on peut tout partager… mais pas l’effort.
Quel est ton plus grand souvenir de coureuse ?
Sans doute l’arrivée de mon premier marathon sur le stade olympique d’Helsinki avec Nadia.
J’en ai chialé pendant dix minutes (celui là c’était une revanche après des problèmes de santé dont je pensais ne jamais me débarrasser).
Puis le marathon de La Rochelle où j’ai aidé ma copine Dominique à passer la ligne de son tout premier (enfin je pense que je l’ai aidée), mais aussi les 10 km de Sommières où pour la première fois je passai sous la barre des 1 heure avec 56 min, ce n’est plus arrivé très souvent après ! Boston, parce que c’était tout simplement exceptionnel ; j’oubliais le marathon de Rome, pour la première fois sous les 5 heures (là c’était une question de survie, Philippe m’avait gravement menacée si je faisais plus!) et il y en a plein d’autres, très agréables, ou très désagréables, drôles ou pas, mais le plus grand souvenir, j’espère qu’il naîtra de la course qui reste à venir.
Ta 1ère course c’était où et à quelle occasion?
Là c’est la vraie colle, impossible de m’en souvenir !
En plus, je ne garde pratiquement rien de mes courses, je ne note pas mes temps. Je me rends bien compte qu’il va falloir s’y mettre. Allez dès demain, j’achète un petit calepin.
Ce dont je suis persuadée, c’est que j’ai du souffrir !
As-tu un objet essentiel ou un porte bonheur ?
Non aucun grigri. Par contre je mets toujours la chaussure gauche en premier, puis la droite, puis je les lace avec un double nœud.
Un conseil pour ceux qui débutent maintenant que tu es une coureuse confirmée?
J’aime bien le « coureuse confirmée » !!
En tout cas, ce dont je suis sûre, maintenant que je suis « confirmée » c’est que, en course à pied, ou peu importe le sport que l’on a choisi, ou qui vous est tombé dessus, on opère suivant des phases : d’abord on demande conseil « à ceux qui savent », puis on s’équipe de la tête aux pieds, on lit les revues spécialisées, on s’y met à fond comme un pro, on progresse, c’est bien, alors on s’aligne aux départs de courses, on est en compétition.
Mais au final, le plus important c’est ce qui reste quand on s’est débarrassé de tout ça. Est-ce que je cours pour moi, est-ce que ça me fait plaisir, est-ce que mon corps va bien, est-ce que mon esprit est serein ? Toujours savoir où sont les limites à ne pas dépasser et avoir confiance en soi. Voilà avoir confiance en soi.
Quel est ton rêve ou la course mythique à laquelle tu rêves de participer et pourquoi ?
Ce n’est pas original mais un jour j’irai à New york (pas avec toi, tu l’as déjà fait) courir ce p….. de marathon et pourtant, dieu sait que mes finances me disent non, tu n’iras pas ! Ceci dit, je reste sereine. Je sais que j’irai. Y’a pas d’explication, c’est New York. Mais je ferai bien volontiers aussi le marathon de Quebec, de Berlin parce que ce n’est pas très compliqué (d’y aller), de Dubaï pourquoi pas, de Dublin, un en Norvège puis en Suède, l’Espagne ; Paris c’est fait, l’Italie aussi, et celui des Marines Corp., juste pour les beaux mecs, et je fais un malaise à chaque ravito, histoire d’en profiter un max !
Quelle est ta performance dont tu es la plus fière??
Si on enlève le premier marathon (parce que c’était le premier) je crois que c’est celui de Boston en avril dernier car c’est le seul où j’ai vraiment douté de mes capacités mentales, à un moment où le physique m’avait lâché, très très loin avant l’arrivée. Il m’a fallut vraiment y croire pour me reprendre et rassembler mes idées, aligner une foulée correcte et retrouver la confiance qui d’habitude ne me quitte pas. Là, j’avoue que je me suis fait violence mais c’est passé. Grosse émotion à l’arrivée et immense fierté bien sûr.
Ton prochain objectif c’est quoi et où?
Fin novembre 2011 : marathon de Florence, autant pour la course que pour la ville. Peut-être un autre au printemps, et le méga projet en octobre 2012 : marathon de CHICAGO.

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