Ça va, je sais… je suis très irrégulière dans mes courses ces derniers temps mais je fais ce que je peux !
Janvier : « ouais cool ! Il y a la Verticale du Salève le 9 avril. J’adore ce genre de course maintenant. Depuis ma DMJ où j’ai osé prendre le départ en me disant que je passerai la barrière horaire. »
Il faut monter là-haut…
Fin mars : « bon et bien avec le peu de déniv’ que j’ai à mon actif ça va être compliqué de se lancer dans la Verticale du Salève. J’verrai l’an prochain. »
7 avril, 19h : Un copain (Robin) poste une photo d’une de mes grandes amies (Hola) dans les marches du Salève :
« Tu vas faire ta reco ? le chemin n’a pas dû beaucoup changer depuis.
Tu seras là samedi ?
Je ne sais pas encore. Ça va dépendre de la météo et des douleurs à mes vieilles articulations. Mais j’ai bien envie de faire la verticale aussi.
Allez viens, on est bien dans le Salève ! Et puis c’est hyper roulane surtout. »
Et blablabla et blablabla…
Petit détail qui a son importance : ce copain, c’est une jeune gazelle.
Jeune : Parce qu’il l’est.
Gazelle : parce qu’il est mince, agile, léger, rapide, fluide dans sa course et qu’il talonne Christel Dewalle alors c’est vous dire à quel point il est rapide. Il fait 2ème féminine tout de même.
8 avril, 22h30 : je m’inscris ! (oui je sais que la course, c’est pour demain ! c’est ce qui est bon !)
http://www.asj74.org/ums2/
9 avril, 14h25 : J’arrive à la bonne heure, je gare le Barbie’s van facilement. Je vais chercher mon dossard.
« Bonjour, Elisa MARIETTE, 478 s’il vous plaît.
Vous êtes sûre ?
Et bien, c’est le numéro qui est écrit à côté de mon nom alors oui.
Ah ! Parce que ce dossard, c’est un Italien qui l’a. »
Hein ? Quoi ? Se faire voler son dossard par un italien ! Je n’y suis pour rien dans l’histoire du 4K les gars alors je veux mon dossard.
Réattribution des dossards : j’ai finalement le 4.8.4. C’est bien 4.8.4 ! ça s’enchaîne bien comme série de chiffres.
Je regagne ma maison, enfin… mon van et je me prépare tranquillou.
Le départ est à 15h40. Dommage, ça tombe pile au moment de mon 1er encas habituel de l’après-midi. Tant pis, je ferai au mieux avec le jus que j’aurai.
Samedi 9 avril, 15h : je suis totalement prête. Je rejoins la ligne d’arrivée pour voir ce qu’il s’y passe et je commence mon échauffement vers 15h10.
Je croise un gars du Team Triandine… son prénom ? euh… Joker ! Mais je l’ai reconnu, ce qui est déjà un exploit en soi !
Je trottine, je me sens bien. Je croise Robin vite fait, il part s’échauffer lui aussi. Il a mis son p’tit short de pom-pom-girl, j’adore ! Il est vraiment sympa ce gamin (et bien oui, pour moi c’est un gentil gamin et alors, ce n’est pas péjoratif !).
15h38 : Tout le monde est sur la ligne de départ.

15h40 : Pan ! Un vrai coup de pistolet qui donne le départ et me fait sursauter. Ça court de suite car nous ne sommes pas nombreux (une cinquantaine de coureurs) mais surtout, ils sont tous partis comme des balles. Enfin tous… sauf nous 5 !
Nous ça veut dire le groupe de fin. Nous avons environ 800 mètres de parcours « roulane » à faire avant d’entamer les choses sérieuses. A la moitié, je me retourne et… et… et merde… ils sont déjà tous devant ! Je ne me démonte pas pour autant. Je sais qu’il va me falloir de l’énergie pour monter alors je gère dès maintenant. Je suis à environ 12km/h sur toute cette portion de presque plat. La nana qui est devant moi se donne du rythme avec ses bâtons mais elle va trop vite pour moi et je n’ai pas envie d’exploser en chemin. Je la laisse partir. Quelques minutes après, je la double. Bon ok, elle s’est arrêtée pour enlever sa veste mais comme elle est maintenant derrière moi, on peut dire que je l’ai doublée, non ?
Voici une des parties les moins techniques et exigeantes de cette course.
Je rejoins un duo de coureuses. Le visage de l’une d’entre elles m’est familier. Je la situe quasi de suite : La MH comme on dit ici. La Montagn’Hard ! Elle fait quoi derrière ? C’est un avion de chasse normalement. Ah mais oui… elle est de ces sportifs, sportifs ! Elle est là pour accompagner son amie (parisienne toute mimi qui doit envoyer sur le plat) sur sa première course du genre. J’aime les sportifs sportifs qui aiment partager ce genre de moments avec nous autres « queue de peloton ». Alors on papote un moment puis je file.
Ce qui fait que je ne suis plus sur le podium des 3 dernières ! Je n’en reviens pas car d’habitude, c’est plutôt après la mi-parcours que je remonte sur ceux qui ont explosé en vol. M’enfin… A moi maintenant de garder mon rythme d’escargot vaillant pour mener ma mission à bien. Mon objectif, qui peut être plus précis que sur un trail, est de passer la ligne entre 1h et 1h05. Ce n’est qu’une montée, pas de surprise, je connais le terrain.
Ça glisse, c’est un peu grassouille par endroit mais en Salomon Speedcross, ça va bien. Il parait que les The North Face Ultra MT sont top mais comme les pointures femme s’arrêtent au 42, je n’aurai pas le loisir de les tester. Je tombe ma fine veste et je suis désormais en T-shirt.
Je garde ce même rythme d’un pas sûr et déterminé. Je sais où je vais, je connais mon but, je ne lâcherai rien (sauf un rot… ou deux).
Je croise des coureurs qui redescendent à pied. Hey les gars, dans le prix de la course, il y a la descente en téléphérique si jamais.
En plus, la vue est magique… quand il fait beau. Aujourd’hui, il n’y a rien à voir !
Un bénévole :
– « dossard ?
– 4.8.4.
– merci, bonne continuation.
– merci ! »
Quatre cent quatre-vingt-quatre, essouflée, c’est trop long et incrachable alors que 4.8.4., c’est bien. C’est ce que je vous avais dit dès le début.
J’arrive sur la portion un peu roulane. Mais avec ce que j’ai déjà dans le cornet, j’arrive seulement à trottiner. Je croise celui que je suppose être le vainqueur de l’épreuve. Il me lance une phrase (enfin, je crois) qui je pense est une phrase d’encouragement parce que mon cerveau ne comprend rien. M’enfin si c’était pour me dire que j’avais une crotte de nez, il m’aurait tendu un mouchoir je pense. Tiens, justement, en y repensant, je me dis que peut-être il a pu me dire qu’il adorait ma coupe de cheveux ou alors mes guêtres, je ne suis pas bien sûre. Passons !
Je trottine comme je peux et j’entends des cris d’encouragement qui viennent d’en-haut. Ils me voient. Je ne vois rien à travers les arbres mais eux me distinguent parfaitement car ce sont des « alleeeeeeeeeeeeeez… », « c’est l’arrivée… », « tu y es… », « lâche rien » et d’autres trucs que je ne comprends pas. Ça ne peut pas être mon mascara qui coule, je ne me maquille pas…
Un bénévole :
« Dossard ?
4.8.4.
4.8.4. répète-t-il dans son talkie. Allez courage, l’arrivée est juste là. On continue. »
Il y a du monde là-haut… entre les VTTistes, les parapentistes, les touristes, les bénévolistes…
Je vois l’arrivée ! Je vois la gare téléphérique du haut. Je vois le monsieur avec son ordi qui vérifie les chronos. Bip… bip… J’ai fini ! J’ai fi-ni ! Et je pense même à arrêter mon chrono que j’ai pensé à mettre en route au départ (ce qui n’est pas courant chez moi). Je ne le regarde pas. Pas encore. Je me concentre sur le monsieur qui est à mes pieds pour récupérer la balise de chronométrage accrochée à ma cheville gauche. Je me tiens à lui car mes guibolles se relâchent complètement.
Je regarde mon temps. 1h03 ! Je suis dans le temps que je m’étais fixé. Contente de moi.
En haut, il y a des gars du Team Triandine. On discute un peu et je prends la direction des cabines pour redescendre. J’ai horreur de ces trucs-là mais je suis incapable de redescendre par mes propres moyens. Parce que je ne vous ai pas dit mais tout le long, mon ventre gargouillait à me dire « il est l’or mon seignor » et je lui répondais sans cesse, « après, une fois qu’on aura passé la ligne d’arrivée. Alors gère comme tu veux mais il me faut du jus jusqu’à la ligne. »
Aïe ! Il y a du monde qui va prendre cette cabine. Vais-je être capable de monter dedans ? L’avion de chasse arrive avec sa coureuse 10 minutes après moi et elles me disent de me joindre à elles. Elles voient ma peur et avec quelques mots de réconfort, je monte. L’arrivée en bas me permet de revivre et d’aller direct à la « maison » mettre des vêtements chauds et de manger un truc.
Retour aux podiums. Non ! Pas pour moi… je suis hors podium… je suis au milieu. Pas de podium de début vous vous en doutez mais pas de podium de fin non plus et pas de place d’honneur (vous savez la médaille en chocolat). Je pensais être 4ème (en partant de la fin évidemment) mais non… il y a les 3 coureurs que j’avais en ligne de mire qui se sont perdus et qui sont arrivés environ 30 secondes après moi. Je suis donc « loin » de la fin !!!
Je vois Robin, on discute vite fait. Il me dit qu’il était au bout de sa vie dans les talons de Christel Dewalle alors qu’elle se « baladait ». Il va te falloir encore un peu d’entrainement Robin pour l’an prochain pour être 1ère féminine devant Christel !
Je vois Emy (Emilie Lecomte) qui est venue manger du déniv’ et qui remporte l’épreuve de l’UMS (Ultra Montée du Salève) où tu montes pendant 6h d’affilée et tu redescends en téléphérique.
Fred Morand, vous savez un de ces chanceux français qui a été tiré au sort pour la HARDROCK a fini le boulot et arrive enfin. Nous discutons avec Jean-Michel Touron tout en étant accoudés à la barrière jusqu’à ce que les bénévoles viennent la récupérer. Fin de l’histoire.
J’aurais pu inventer une fin rocambolesque où Zorro arrive sur Tornado, ou alors Lucky Luke débarque avec son clopot et Jolly Jumper mais non… ça ne s’est pas passé comme ça alors peut-être une prochaine fois. On s’tient au jus…
Bon allez… un p’tit Monkey pour la fin !

Crédit Photos par Elisa Mariette, Robin Schmitt et un traileur inconnu


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