Dimanche 5h, le réveil et le téléphone sonnent presque en même temps, le coup est brutal mais il faut bien y aller !
Dehors, le temps est gris mais rien d’alarmant encore. J’ai mon dossard depuis vendredi après midi alors no stress, j’ai tout le temps car comme d’habitude ma tenue rose est prête depuis la veille.
J’avale mon petit déj et le pain d’épice offert par ma famille d’acceuil qui m’a reçu quasiment comme un des leurs.
6h, je prends la route vers Caen pour à peine 20’ de route. Le ciel s’assombrit de plus en plus et les premières gouttes tombent déjà.
L’organisation est rodée et, à peine arrivé au Mémorial de Caen, je suis orienté jusqu’au bout pour garer la voiture au plus près.
Il pleut fort maintenant et je reste un long moment enfermé avant de me rendre à pied vers les navettes. Les bus sont nombreux et l’attente est courte, juste le temps de compter les coureurs pour que personne ne reste debout.
Les mines sont encore détendues mais déjà l’inquiétude se lit sur les visages.
7h15, nous arrivons à Courseulles/mer, lieu de départ du Marathon. Le bus s’est un peu perdu et nous faisons quelque centaines de mètres de plus que prévu, mais c’est encore supportable par rapport à la suite…
Les 1ers sacs consignes sont distribués de manière quasi artisanale, ce qui rend ce moment vraiment sympa !
Je suis abordé par un jeune coureur qui reconnait de loin ma tenue rose et qui me dit faire son 1er Marathon. Sa mine est tendue, je rajeunis de plusieurs années en voyant là son stress du débutant, il finira en 3h41’ !!!
Le marathon de la liberté 2012 par france3bassenormandie_845
La pluie tombe de plus en plus fort maintenant, il fait froid (12° à peine) et le vent marin rajoûte la touche finale.
Le top est quand même les 2 toilettes pour près de 1100 coureurs à attendre sous des trombes d’eau !
J’ai mis 2 épaisseurs de sacs poubelles mais je suis tétanisé, me demandant même si je vais simplement pouvoir courir.
A ce moment là c’est hallucinant ! Le speaker essaye de motiver les troupes mais ce ne sont que des grappes agglutinées contre les rares arbres ou abris.
9h, après presque 2h d’attente dans ces conditions, le départ est enfin donné ! J’ai froid même en ayant gardé mes sacs poubelles. J’ai beau avoir fait quelques mètres avec les Kényans pour leur montrer la voie mais rien n’y fait !
Les Marathoniens restent groupés pour éviter le vent et la sortie du village vaut le coup d’œil avec tous ceux qui cherchent à éviter les énormes flaques d’eau un peu partout, je me demande bien à quoi ça sert au point où nous en sommes !
5’ puis 4’50 et progressivement les choses se mettent en place à ma grande surprise.
J’essaye de franchir au plus vite le barrage qui s’est constitué autour du meneur d’allure des 3h30 pour essayer de rester devant pour surveiller mon objectif du jour.
Nous alternons campagne et bord de mer avec malgré tout un public bien présent. Les 1ers encouragements sur ma tenue rose font référence à la Rochambelle qui a accueilli la veille 16667 femmes en rose pour défendre la lutte contre le cancer, ce qui en fait la 2éme course de France de ce type derrière la Parisienne.
Je continue ma route en remontant plusieurs concurrents avec un rythme régulier entre 4’35 et 4’40 du km : IMPEC !
L’accueil dans les villages est motivant et les kms défilent sans problèmes. Le 1er Semi est bouclé en 1h39’ soit 5’ d’avance sur le timing prévu.
Nous longeons maintenant un long canal qui s’avèrera être la dernière partie plate du parcours à ce moment là.
Dès le 27éme km, les choses se gâtent avec une première longue montée puis ce ne sera que des enchaînements montées, descentes.
A un moment, je suis même accompagné pendant quelques mètres par 2 jeunes groupies attirées par ma belle tenue rose !
Les cuisses chauffent et l’allure se fait plus saccadée, malgré tout je ne suis que rarement doublé preuve que ce Marathon est dur pour tout le monde.
J’ai toujours pas mal d’avance sur mon objectif initial et je me dis que les 3h20’ de la qualif aux France (Caen est qualificatif contrairement à Arles) sont peut être jouables.
Malheureusement et paradoxalement, je suis souvent seul malgré plus de 1300 inscrits au départ.
Aux 35 ou 36éme km, je pioche de plus en plus en franchissant souvent la barre des 5’. La route a laissé place à des chemins forestiers rendus bien boueux par la pluie abondante.
Les « morts » se ramassent à la pelle et je fais une superbe remontée vers la fin, un seul concurrent me doublera au 41éme me motivant pour le suivre.
Je jette mes dernières forces dans la bataille pour la longue ligne droite où le nombreux public est amassé de chaque côté de la route.
La fin est proche et même si les 3h20’ sont perdus depuis longtemps, je franchi la ligne heureux et soulagé par rapport au départ ce matin, en 3h23’17 (3h23’47 officiel)
207éme /1103 arrivants et 20éme V2/204.
La médaille or de la 25éme édition est bien moyenne mais bon c’était ma petite 26éme à moi !

ZOUPYYY …une belle victoire contre le temps congélo la flotte et la boue …Ben du coup les chaussettes noires , ça le fait …Bravo Super Pinkrunner …objectif presque atteint ….Je me « pelle » rien qu’en te lisant …j’ai eu plus de chance en Lorraine ce dimanche ….Bonne récup …et Big PINK BISOUS :+))
Bravo pour ton marathon et merci pour ce beau récit!
Un grand bravo Philippe!
Joli récit Philippe ! Tu manies aussi bien la plume que les kilomètres ! Bravo à toi. En tout cas, traverser la France ne t’effraie pas pour quelques heures de bonheur sur le bitume ! Un vrai passionné ! A bientôt sur une course peut-être !
Bye !
😉
Laurent
Chapeau !! Malgré de telles conditions, tu as fait un superbe chrono !!
Pas évident de se lancer ainsi après 2h d’attente emballé dans 2 sacs poubelle.
Impressionnant !
Par-course du combattant et jolie performance ! Biz !