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Mont Blanc 2013 : La montagne a été bien plus forte que moi !
(Un grand MERCI à Valérie pour les photos!!!)
(Comme à chaque fois, cliquez dessus pour les agrandir)

La montagne çà vous gagne comme dit la pub, moi je dirais la montagne gagne toujours surtout si on ne la respecte pas.

C’est bien simple ce Marathon, je l’ai abordé comme une simple coursette de village !

Quelques 5 ou 10kms par ci par là, souvent plats, des barbecues avec les potes pour prendre 5 ou 6 kgs superflus, et voilà le travail !

La dernière semaine a été longue, très longue. Pour la 1ère fois,  j’ai commencé à avoir très peur, limite panique au moment de me lancer face à l’incroyable défi qui m’attendait : 2800m de dénivelé dont 2 terribles montées : une vers Les Possettes à 2200m d’altitude, une autre vers Flégère (soit plus de 12kms de grimpette pure comme je n’en avais jamais connu auparavant!) et pour finir une dernière ascension vers l’arrivée à PlanPraz !

Les 5 derniers jours avant de partir vers Chamonix ont étés interminables. Chaque nuit je me réveillais en me disant que c’était une sacrée con….. que je faisais là mais qu’en tant que CLM ce n’était plus possible de faire machine arrière pour aller chercher ma 31éme médaille !

Béatrice ne pouvant courir avec moi cette magnifique épreuve pour cause de blessure, elle s’était inscrite en tant que bénévole et c’est elle qui allait remettre les médailles à l’arrivée. Impossible dès lors de ne pas aller jusqu’au bout coûte que coûte !

Vendredi, top départ vers Les Houches, notre lieu d’hébergement que nous ne verrons que l’espace de quelques heures tant la nuit fût courte.

700kms de route sous la pluie de bout en bout avec pour couronner le tout un hôtel Campanile d’une rare indigence !

A peine 250kms de bouclés pour finir dans l’Yonne tellement les bouchons fûrent nombreux et l’heure de notre départ Parisienne tardive à cause du boulot.

Samedi matin çà continue !

12° et toujours cette fichue pluie qui nous fait craindre le pire pour le lendemain, comme si çà ne suffisait pas comme çà.

L’après midi est bien entamé lorsque nous arrivons à l’hôtel , pas le temps de soufller et à peine déposé nos bagages qu’il faut déjà repartir pour essayer de récupérer mon dossard dans les temps.

1ère bonne nouvelle quand même, c’est mon pote Christopher qui gagne de main de maître le 10kms. Un petit coup de fil pour fixer un RDV rapide et direction le village Marathon !

Le lieu est somme toute minimaliste et, malgré tous les efforts des bénévoles c’est un peu la pagaille. Plus de TS Marathon, tu as le choix entre le cross et le cross !

Malgré tout j’arrive à en avoir un taille S pour fille, tout n’est pas perdu !

A part çà, pour Béatrice c’est pareil ! Son TS est déjà pris et faut vraiment qu’elle insiste pour savoir où, quand et comment çà se passe le lendemain !

Pas de soucis néanmoins, il est déjà tard pour tout le monde et je peux facilement comprendre qu’au bout de 3 jours de course tout ne soit plus aussi parfait qu’au début.

Direction le pied du podium pour féliciter Christopher heureux comme un pape d’avoir gagné en battant en plus le record de l’épreuve !

Moment rare s’il en est, je croise Dawa SHERPA, la légende du trail bien avant Kilian qui accepte de bonne grâce la photo qui va bien. Quelle gentillesse ce Monsieur et quelle classe !

Le temps passe vite et, même s’il pleut encore, la tendance est à la nette amélioration pour le lendemain avec pour preuve les sommets alentours qui se dégagent peu à peu.

Nous en profitons pour aller parcourir le parcours du kilomètre vertical qui s’avérera être une pure folie vue du téléphérique qui nous redescendra le lendemain ! Un truc de ouf sur 6 ou 7kms de distance avec un final aussi droit qu’un mur !

Kilian se fera battre par un jeune Colombien en 33′, qui se permettra même une erreur de parcours !

Nous retrouverons El Palméro et La Palméra (Tony et Valérie) pour le traditionnel RDV CLM d’avant course. Bière et Pizza au programme, tout ce qu’il faut pour compléter ce dur entraînement de très haut niveau !

La soirée s’achève déjà et il faut rejoindre l’hôtel pour 4 ou 5h de sommeil à peine !

4h, le réveil sonne déjà, je me précipite au dehors pour évaluer la situation. La brume est épaisse mais, à priori il ne pleut plus !

Les participants du Cross de la veille ont couru dans des conditions dantesques entre la pluie incessante et les 23kms du parcours.

6h, nous partons déjà, le départ du Marathon étant donné à 7h.

Nous réussissons à nous garer vite et bien et une fois le sac laissé à la consigne nous rejoignons Tony à pois rouges du maillot du meilleur grimpeur du Tour et Valérie pour les photos avec Béatrice.

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Présentation du plateau assez exceptionnel cette année avec, outre l’extra-terrestre Kilian JORNET, Marco dE GASPERI, ALZAGA chez les hommes et surtout chez les femmes: Stévie KREMER, Emilie FORSBERG, Céline LAFAYE, Anna FROST!

Dernières consignes de prudence et le départ est enfin donné !

Pas question pour moi d’emporter le profil du parcours car je savais qu’il était assez impressionnant. Les 1ers kms sont faciles et le soleil est de retour. Habillé chaudement, je n’ai pas encore pris la mesure de ma 1ère grosse erreur du jour !

Le début du Marathon est assez roulant, les jambes ne sont pas trop mal, faut dire aussi qu’on est à 9 ou 10km/h alors ceci explique aussi cela.

Je me retrouve avec Martine VOLAY, grande gagnante entre autres du dernier Ultra Draille du Pic St Loup, venue en voisine accompagner un de ses amis. Je décide dès lors de rester à ses côtés, histoire de voir comment elle enchaîne les montées et les descentes du parcours.

2éme grosse erreur, je m’aperçois très vite que les bâtons sont un atout essentiel pour une course comme celle là.

Faut dire qu’à 150€ la paire, j’ai renoncé à l’achat, surtout en pensant que ce serait sans doute une des rares épreuves de ce type que je ferais.

Les montées descentes s’enchaînent bien et même si nous avalons 500m de dénivelé en 15kms de course, je suis relativement bien et bizarrement je prends confiance en moi tout en sachant très bien que le plus dur était à venir.

Petit rappel pour vous faire rigoler à la fin, l’objectif du jour était de finir en bon état et si possible en moins de 6h, la suite montrera que c’était plus que prétentieux et impossible au vu des circonstances !

Je regarde autour de moi et je remarque très vite qu’il ne sert absolument à rien de courir tout le temps, si ce n’est s’épuiser pour rien sans gagner quoique ce soit (Même Kilian JORNET et ses 3h30 marchera vers la fin)!

3 petits kms pour redescendre vers Vallorcine et la fête est déjà finie, le 1er défi est là devant moi !

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J’en profite pour me restaurer sous les yeux de Valérie venue nous encourager sur le parcours.

Saucisson, fromage, Coca, çà ressemble au dernier repas du condamné même si je n’ai pas encore vraiment conscience de ce qui m’attend.

Tout commence par un énorme bouchon de coureurs agglutinés les uns aux autres, avec les traditionnels râleurs qui trouvent que çà ne va pas assez vite et bien. Bizarrement, j’ai l’impression qu’ils se sont vite calmés ensuite.

Plus question de courir pour moi, la montée est d’entrée abrupte et c’est le souffle court que j’avance désormais. Il fait de plus très chaud et çà fait déjà plus de 2h que je cours (enfin façon de parler!). Enchaînement de passages en forêt et de longues coulées à découvert, je souffre en pensant que si je passe le sommet en relativement bon état, je me dis que j’aurai fait le plus dur (3éme erreur!)

Jamais je n’avais connu pareil défi et quand un panneau de randonnée annonce Les Possettes en 1h30, j’avoue que le moral en prend un sacré coup !

J’arrive à mi-parcours en moins de 3h mais j’entends déjà le chant du cygne, la suite va malheureusement me donner raison.

Faut dire que c’est près de 1000m de dénivelé qu’on va bouffer en presque 7kms, un vrai kilomètre vertical en plus d’une heure.

Je suis vidé et arrivé au sommet je me demande comment je vais redescendre sans rien casser !

Rien de flippant pourtant, à ma grande surprise, mais je n’avance plus. On dirait un hippopotame qui sort de l’eau pour aller se mettre au soleil! Les ischios en feu, montée et descente ne font plus aucune différence, en bas au 4éme ravito, je n’en suis pourtant qu’à 30kms et ce n’est plus un mur que j’ai devant moi mais la grande muraille de Chine !

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Il faut repartir en grimpette. Je me sens presque mieux en montée, mais à 3 ou 4kms/h je ne pense qu’à mettre un pied devant l’autre et recommencer encore et toujours jusqu’au bout.

Je suis dès lors un vrai zombie qui trébuche à chaque racine qui dépasse. Pas question pour moi d’abandonner même si je dois enchaîner avec 700kms de voiture derrière !

La montée est interminable, les jambes ne sont plus que 2 morceaux de bois et les poumons de vrais chaudières prêtes à exploser à tout moment. La 2éme descente est encore pire que la 1ère, je tombe 1 fois puis 2 avant de faire ma plus belle figure sur la 3éme à tel point que plusieurs coureurs s’arrêtent pour me relever.

Les paysages sont somptueux et même avec le vertige collé contre la paroi, j’apprécie ces passages dans les grandes coulées de pierre des derniers kms.

J’entends les 1ers échos de l’arrivée au loin mais il y a encore 4kms à faire !

Je ne lâche plus rien et je frise même les 6kms/h dans la dernière petite descente avant d’attaquer le final !

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Interminable mais tellement magique ce dernier km où tout le monde crie votre prénom inscrit sur le dossard ! Il faut même courir les derniers mètres pour la photo finish avant d’avoir droit à la précieuse médaille remise par ma douce et belle !

J’ai fini enfin! J’ai été bien au delà de ce que je me croyais capable de faire et même si c’est surtout de l’inconscience pure que j’ai payé les 4 jours suivants, je me dis qu’à plus de 50 balais je suis encore capable de surmonter quelques beaux challenges comme celui là.

J’ai aussi compris que La Diagonale des Fous n’était plus qu’un rêve et qu’il fallait me contenter de défis plus simples mais plus sur le bitume que sur les chemins de terre et de pierres.

1509éme/1916 arrivants en 7h46’12 mais l’essentiel est bien sûr ailleurs !