Il y a les histoires des athlétes de haut niveau qui ne vivent que par et pour la performance et puis il y a les coureurs comme vous et moi qui racontent leur histoire tout simplement!

Celle là en est une belle et une sincère, voici Claire!

Tout d’abord, « petite » présentation?
Je m’appelle Claire et j’ai 49 ans (très bientôt 50 !). J’habite à Montréal au Québec. J’ai deux enfants formidables, une fille de 23 ans et un garçon de 21 ans, ils vivent maintenant dans leurs propres appartements. Je suis une très jeune retraitée prenant la vie du bon côté, je suis assez zen et j’apprécie chaque moment de ma vie ; le stress et les emmerdes, j’ai donné et je m’en tiens loin.

Comment en es tu venue à la course à pied?
Il y a une dizaine années, j’ai eu des ennuis de santé et j’ai dû prendre des médicaments qui ont fait explosé mon poids; d’un minuscule 50 kg au départ, le pèse-personne m’annonçait 18 mois plus tard que je pesais 114 kg!! Avec l’aide précieuse de mon vélo stationnaire et de beaucoup de volonté, j’ai réussi à perdre 46 kg. Depuis ce temps, j’avais le désir de me remettre en forme mais sans avoir de plans précis. Et c’est au printemps 2009 que j’ai débuté la course à pied.

Qu’est ce qui t’as motivée à choisir ce sport plutôt qu’un autre ?
J’avais débuté un programme de mise en forme (musculation, cardio) mais j’avais envie de plus que ça. Une cousine coureuse m’a inspirée et je me suis dit pourquoi pas ? J’ai couru jusqu’au coin de la rue, à 125 mètres de la maison, complètement essoufflée ça m’a semblé le bout du monde, mais 2 jours plus tard je m’y remettais et je n’ai jamais arrêté !

Comment choisis tu tes courses?
Ça dépend des années! Pour 2012, je compte faire 2 marathons, un en mai (Ottawa) et un second à l’automne (j’espère New York, sinon ce sera un autre). Par ailleurs, je ferai quelques autres courses de 10 ou 21 km surtout par plaisir de rencontrer mes amis coureurs. Aussi, depuis l’an dernier, je choisis quelques courses où je ne cours pas et je prends plutôt grand plaisir à encourager mes amis, je crie fort et j’agite des ballons multicolores, j’adore ça !

Comment concilies tu ta vie familiale avec la CAP?
Mes enfants sont adultes et ne vivent plus avec moi, et comme je suis maintenant retraitée, il y a donc peu de chose à concilier. Je n’ai pas besoin de faire des prouesses afin de faire entrer mes entraînements dans un horaire déjà très chargé ; j’admire d’ailleurs énormément ceux qui le font.

Où se trouve ton parcours préféré pour courir ?
Une piste cyclable longe la rivière qui est près de chez moi, j’adore y courir ; cette piste est très longue, c’est idéal pour faire de longues distances. J’aime également courir lorsque je voyage, mes souliers de course m’accompagnent partout où je vais ; l’an dernier j’ai passé un mois en France et j’ai même participé à une course à Nice.

Tu préfères courir seule dans ton coin ou être dans un club?
J’ai tenté l’expérience d’un club en 2009, mais comme je débutais en course à pied le calibre m’a fait un peu peur et j’ai abandonné l’idée. Depuis, je n’ai jamais éprouvé ni l’envie ni le besoin de tenter l’expérience à nouveau ; je préfère m’entraîner seule avec des plans d’entraînement virtuels. J’ai lu, et je continue à lire à peu près tout ce qui s’écrit sur la course à pied, que ce soit européen ou américain ; de plus, j’ai la chance de côtoyer et d’échanger avec environ 150 coureurs de la communauté Dailymile, tout cela nourrit mes besoins théoriques. Je m’entraîne généralement seule mais il m’arrive de partager avec grand plaisir mes entraînements avec des amis.

Quel est ton plus grand souvenir de coureuse ?
Tous mes souvenirs de coureuse me semblent tellement grands et extra, c’est donc extrêmement difficile de n’en cibler qu’un seul. Mais comme on me pose la question je vais en piger un au hasard (au hasard mais pas tant que ça quand même !) : Mon premier marathon.

Quel est le pire ?
Je dirais que mon pire souvenir de coureuse c’est quand je dois me priver de courir suite à une blessure. Par chance, ce n’est pas fréquent.

Ta 1ère course c’était où et à quelle occasion?
C’était 4 mois après mes débuts en course à pied, j’ai pris part à l’épreuve du 5 km du Marathon Oasis de Montréal. Ce fut un grand moment pour moi, je n’arrivais tout simplement pas à croire que j’étais là au milieu de ces milliers de coureurs, moi qui étais obèse et malade pas si longtemps auparavant. J’ai parcouru chacun ces 5000 mètres la gorge serrée par l’émotion.

Tu fais d’autres sports?
En été, j’aime faire de la randonnée en montagne ; je m’en suis privé l’été dernier car j’avais peur de me blesser durant mon premier entraînement-marathon, mais cette année je vais m’y remettre avec beaucoup de joie. Je fais aussi beaucoup de vélo. L’hiver, je patine et je skie. Je cours 5 fois par semaine toute l’année.

As tu un modèle de sportif et pourquoi lui ou elle?
Tous les coureurs m’inspirent, et ce, qu’importe leur calibre : les professionnels, les débutants, les rapides, les lents, les talentueux, ou ceux qui trébuchent, je m’inspire de chacun d’eux, sans exception !

As-tu un objet essentiel ou un porte bonheur ?
Mes souliers de course. J’en ai eu plusieurs paires, de plusieurs marques, mais ce sont toujours mes souliers magiques, mon blog porte d’ailleurs ce nom : http://souliersmagiques.blogspot.ca/

Quel est ton rêve ou la course mythique à laquelle tu rêves de participer et pourquoi ?
Cette année, j’aurai 50 ans et j’aimerais beaucoup participer au mythique Marathon de New York, je saurai dans un mois si la loterie m’aura favorisé ou non. Sinon, je tenterai ma chance à nouveau l’an prochain. Je rêve de prendre part à des marathons (ou autres distances) partout où mes voyages me porteront.

Quelle est ta performance dont tu es la plus fière?
Je serais tentée de dire que c’est le jour où je suis devenue marathonienne, mais je crois que c’est plutôt le 10 km d’Oka en octobre dernier, je l’ai couru en 59 :01 et c’était bien au-delà de mes espérances.

Quel regard portes tu sur le business dans le sport d’aujourd’hui?
Je m’y attarde peu, toutefois le business est partout, dans le sport aussi. Je suis tout de même une consommatrice qui contribue à faire tourner la roue, et ce, malgré le fait que dans ma vie en général, les choses matérielles ont peu de valeur pour moi, je vis très simplement. C’est certainement pour cette raison que je laisserai des personnes beaucoup plus crédibles que moi donner leur avis à ce sujet.

Que t’apportes les échanges sur FB?
Entre autre, l’occasion de belles rencontres ! Dans le passé j’étais un peu plus active sur FB, toutefois, depuis que je suis sur Dailymile (un réseau social et un outil consacré aux coureurs et autres sportifs), la plupart de mes échanges se font via cette plate-forme.

Ta prochaine course c’est quoi et où?
Mon prochain objectif : Le Marathon d’Ottawa le 27 mai prochain. Je prendrai peut-être part à une course de 10 km en avril mais je ne suis pas certaine encore.

Si tu ne courais pas, tu ferais quoi?
J’espère courir tant que la santé me le permettra, jusqu’à 80 ans, au moins ! Mais si ça ne m’était plus possible, en été, je crois que j’investirais très sérieusement la randonnée en montagne, et en hiver, je serais une meilleure skieuse.

La question qui tue :

Que penses tu des courses uniquement féminines ??
La seule à laquelle j’ai déjà participé : La Niçoise (en soutien au cancer du sein) lors du Semi-marathon International de Nice en 2011. Je comprend bien le sens que cela pouvait revêtir pour cette course ; cependant, la présence d’hommes dans la course aurait, quant à moi, été tout aussi symbolique, dans l’optique où tous les gens (hommes et femmes) sont concernés lorsqu’une mère, une conjointe, une fille ou une amie est atteinte de cette horrible maladie. En version claire, je comprend peu les raisons qui motivent les courses uniquement féminines, les courses sont pour moi universelles (sexe, couleur de peau, religion, etc), de toute façon, le classement est toujours séparé.